
Rock’n roll ! Cela pourrait être le mot d’ordre de ce manga “musical” d’Harold Sakuishi
Pas évident au premier abord de retranscrire sur papier la nervosité précédant l’entrée sur scène, la symbiose qui peut s’opérer entre le groupe et le public, l’enthousiasme de celui-ci ou même le talent d’un chanteur. Mais le pari est globalement réussi, même si le style graphique ne fera pas l’unanimité.
Beck fait graviter le récit autour d’un groupe indé qui va tenter tant bien que mal de percer dans le milieu très fermé du rock. Ils auront fort à faire pour percer car au Japon, comme ailleurs, les valeurs qui rythment le monde de la musique sont le profit, le profit et… le profit. Pourquoi alors perdre du temps avec un groupe de rock amateur alors qu’il est plus facile de former un groupe de beaux gosses sans talent pour attirer les foules de fans en délire ?
Au centre de cette jungle musicale, Koyuki, un jeune ado de 14 ans, se découvre un talent pour le chant et la guitare. Mais passer d’une vie monotone et banale à une vie où chaque jour est une lutte pour que le groupe survive n’est pas chose facile ! Le manga suit donc les nombreuses embûches auxquelles le groupe va se confronter et les progrès que font petit à petit chacun des membres pour devenir les meilleurs dans leurs domaines.
Le groupe d’ailleurs pourrait être un croisement entre Red Hot Chili Peppers et Rage Against The Machine (le chanteur ressemblant furieusement à Zach de la Rocha). Leur style se rapproche du JUrban japonais (un mix entre hip-hop et pop) et du rock pur, s’inspirant de nombreux groupes de rock américains.
Sur le character design en lui-même, il pourra ne pas plaire à tout le monde. En effet, les traits peuvent paraître un peu simplistes, et les expressions des personnages peu travaillés. Mais cela a son charme. Dans le même ordre d’idées, les décors sont peu chargés, et présentent peu de trames (niveaux de gris et application d’ombres… peu nombreux). Là où ça dépote, par contre, c’est sur la représentation des concerts, des jeux de scène et de la musique ! Pas simple pourtant de représenter du son. Mais on rentre pleinement dedans, se mettant à essayer de fredonner ze titre ultime qui semble, au fil des pages, captiver des milliers de spectateurs pendant les concerts
A noter aussi, à l’initiative de l’éditeur français Delcourt/Akata, de très bons dossiers en fin de manga abordant le rock, les groupes mythiques, la musique japonaise, les groupes français lorgnant vers le visual rock… tout cela de façon très complète !
Une bonne lecture donc !




1 réponse jusqu'à présent ↓
Beck – Harold Sakuishi « Je Lis, Tu Lis, Il Lit // 12 octobre 2009 à 09:28
[...] L’avis de Kikobun [...]